La rencontre entre Bernard Stiegler et René Girard n’aura pas eu lieu. Rien n’empêche cependant de les faire dialoguer à travers les textes qu’ils nous ont laissés en examinant toutefois la pertinence et les limites d’un tel rapprochement. Girard ne connaissait probablement pas les travaux de Stiegler, et Stiegler ne semble pas avoir véritablement lu Girard. Il a néanmoins beaucoup parlé de la figure du bouc émissaire et de la notion de pharmakon, qui fut introduite dans le débat intellectuel au colloque de 1966 organisé par Girard à Baltimore, colloque qui contribua à faire connaître Jacques Derrida. Les points de contact entre les travaux de Stiegler et de Girard sont donc à rechercher, au moins en partie, dans cette généalogie intellectuelle.
Cette série de trois exposés abordera deux notions centrales pour ces deux auteurs : le bouc émissaire et le pharmakon, examiné depuis son ambivalence.
Lundi 2 novembre, 18h30-20h, premier exposé — Le bouc émissaire : du rituel à la figure d’Azazel
Présentation détaillée du symbolisme du rituel du bouc émissaire, tel qu’il est décrit dans les textes bibliques et associé aux pratiques des anciens Hébreux à l’époque du Premier Temple. Le rituel grec de mise à mort du pharmakos sera également évoqué, avant de conclure sur la figure d’Azazel, le bouc envoyé dans le désert.
Lundi 23 novembre, 18h30-20h, deuxième exposé — Le phénomène du bouc émissaire
Au-delà des pratiques rituelles, il s’agira d’examiner le phénomène du bouc émissaire au sens anthropologique du terme : un mécanisme auquel les individus sont confrontés, parfois à leur corps défendant, mais qu’ils peuvent également reproduire sans en avoir conscience, en désignant des ennemis réels ou supposés. Cette séance permettra d’explorer la portée de l’analyse girardienne dans la compréhension des dynamiques collectives et des mécanismes de désignation de l’ennemi.
Lundi 7 décembre, 18h30-20h, troisième exposé — Mimétisme et rétentions tertiaires
Cette dernière séance examinera plus précisément les rapprochements possibles entre l’anthropologie fondamentale de René Girard et la conception originale de la mémoire développée par Bernard Stiegler. Il s’agira notamment de montrer comment les phénomènes mimétiques peuvent se trouver amplifiés par les rétentions tertiaires, c’est-à-dire par les supports techniques de la mémoire.
Prérequis : visionnage du documentaire Hidden Things, consacré à René Girard.https://youtu.be/L-vB1HaBsog?si=_8K1UgPf8gwXtun-
Séances animées par Benoît Robin. Pour en savoir plus ou recevoir le lien vers la salle de visioconférence, contacter epokhe-contact@protonmail.com